Sas Confiance IA : utiliser un modèle de langage sans lui livrer vos dossiers
Sas Confiance IA est une passerelle qui remplace les données personnelles d’un texte par des pseudonymes avant de l’envoyer à un modèle de langage, puis rétablit les vraies valeurs dans la réponse, chez vous. La table de correspondance ne quitte jamais votre infrastructure.
La situation qu’il traite
Une gestionnaire des ressources humaines a devant elle un dossier de conseil médical : un nom, une date de naissance, un numéro de sécurité sociale, un diagnostic, une adresse. Elle doit en produire une synthèse pour demain. Elle colle le document dans un service d’intelligence artificielle grand public et obtient sa synthèse en trois minutes.
Elle vient de transmettre un dossier médical nominatif à un tiers, hors de tout cadre, et personne dans la collectivité ne le saura. Le geste n’est ni malveillant, ni rare : il est simplement plus rapide que toutes les alternatives qu’on lui a proposées. Interdire l’outil ne change pas ce calcul, ça le déplace sur le téléphone personnel.
Ce qui se passe avec le sas
L’exemple ci-dessous est entièrement fictif : il provient du corpus synthétique publié avec le logiciel, et ne correspond à aucune personne réelle. Il n’a pas été composé pour la démonstration : c’est la sortie du sas, produite le 12 août 2026 par la version 0.1.0.
Ce que la gestionnaire a sous les yeux
CENTRE DE GESTION DE LA FONCTION PUBLIQUE TERRITORIALE (document fictif) Dossier 1 : maintien en activité après congé de longue maladie Agent : Monsieur Karim Benhaddou, né le 14 mars 1979 à Valence. Matricule 2014-0883. NIR : 1 79 03 26 121 044 87. Adresse : 27 rue des Carmes, 26000 Valence. Téléphone personnel : 06 11 44 28 90. Courriel : k.benhaddou@exemple-fictif.fr Grade : adjoint technique principal de 2e classe. Quotité de travail : 100 %. Collectivité employeur : commune de Romans-sur-Isère, SIRET 212 600 339 00017. Exposé : l'agent a été placé en congé de longue maladie à compter du 2 janvier 2025 pour un syndrome dépressif sévère, renouvelé le 1er juillet 2025. Le médecin traitant, docteur Pierre Lacombe (RPPS 10100412345, cabinet 04 75 63 14 20), atteste d'une stabilisation de l'état et d'une aptitude à la reprise sur poste aménagé.
Ce que le modèle reçoit
CENTRE DE GESTION DE LA FONCTION PUBLIQUE TERRITORIALE (document fictif) Dossier 1 : maintien en activité après congé de longue maladie Agent : Monsieur [PERSONNE_001], né le [DATE_NAISSANCE_001] à [LIEU_001]. Matricule [MATRICULE_001]. NIR : [NIR_SUSPECT_001]. Adresse : 27 rue [LIEU_002], [CODE_POSTAL_001] [LIEU_001]. Téléphone personnel : [TELEPHONE_001]. Courriel : [EMAIL_001] Grade : adjoint technique principal de 2e classe. Quotité de travail : 100 %. Collectivité employeur : commune de [LIEU_003], SIRET [SIRET_SUSPECT_001]. Exposé : l'agent a été placé en congé de longue maladie à compter du 2 janvier 2025 pour un syndrome dépressif sévère, renouvelé le 1er juillet 2025. Le médecin traitant, docteur [PERSONNE_002] (RPPS [RPPS_001], cabinet [TELEPHONE_002]), atteste d'une stabilisation de l'état et d'une aptitude à la reprise sur poste aménagé.
Le modèle travaille sur ce second texte. Il peut le résumer, le reformuler, en tirer une note : il ne peut pas restituer un nom qu’il n’a jamais vu. La réponse revient pseudonymisée, et le sas rétablit les vraies valeurs chez vous. Le texte retrouvé est identique à l’original, caractère pour caractère, et c’est vérifié à chaque exécution.
Trois choses dans cette sortie méritent d’être regardées de près, et aucune n’est flatteuse.
Les dates de procédure restent en clair alors que la date de naissance est remplacée. C’est le réglage par défaut, et c’est un arbitrage entre l’utilité du document et la protection, pas un jugement sur l’innocuité de ces dates. Une date de placement en congé, associée à un motif, à un grade et à une commune de quelques milliers d’habitants, peut suffire à reconnaître quelqu’un : le pseudonyme ne protège alors plus grand-chose. Ce réglage se change, par instance ou par dossier, pour pseudonymiser ces dates ou les signaler à relecture. Le choix vous appartient, et il se prend en connaissance du document traité.
Le motif médical n’est pas détecté. « Syndrome dépressif sévère » part en clair vers le modèle, rattaché à un pseudonyme. Le sas détecte des identifiants, pas des états de santé. Sur un dossier comme celui-ci, c’est la limite qui compte le plus, et c’est la raison pour laquelle un tel document ne devrait pas partir vers un service d’IA sans que le délégué à la protection des données ait tranché.
Une adresse est coupée : « 27 rue [LIEU_002] », le détecteur ayant manqué le début. La valeur complète est bien brisée, mais le manqué est réel.
Nous montrons cette sortie plutôt qu’un extrait où rien ne dépasse. Sur une page qui vous demande de vérifier plutôt que de croire, choisir un exemple flatteur serait la faute la plus coûteuse.
Le trajet des données
Le trajet, en mots. Vous confiez un document au sas, qui tourne sur votre infrastructure. Il détecte les données personnelles, les remplace par des pseudonymes, et conserve la table de correspondance dans un coffre chiffré, chez vous. Seul le texte pseudonymisé franchit la limite de votre zone de confiance vers le modèle de langage, quel qu’en soit l’hébergeur. La réponse revient pseudonymisée, et c’est le sas qui rétablit les vraies valeurs, localement. Le journal d’activité ne contient que des métadonnées : jamais une valeur.
Pourquoi vous pouvez le vérifier
L’argument du sas n’est pas « nous protégeons vos données », c’est « vous pouvez contrôler que nous le faisons ». Pendant sa suite de tests, le logiciel ne parle pas à un vrai modèle mais à un faux serveur qui enregistre le contenu exact qu’il reçoit. Si une seule donnée sensible connue apparaît dans ce contenu, les tests échouent et la version ne sort pas.
Au 12 août 2026, cette suite compte 299 tests automatisés. Le code, les tests, les mesures de détection et les arbitrages de conception sont publics : le dépôt et la méthode de conception.
Ce que ce sas ne fait pas
- Il ne détecte pas tout. Aucun détecteur au monde n’atteint un rappel parfait. La mesure du 2 juillet 2026, publiée avec le logiciel, donne 95,8 % de rappel sur les noms de personnes et 82,6 % sur les lieux, sur le corpus de test. Les manqués sont des détections partielles plutôt que des oublis complets, mais ce sont des manqués.
- Il pseudonymise, il n’anonymise pas. Le lien avec la personne est rompu pour le modèle, pas supprimé : c’est réversible chez vous, et c’est le but. Une ré-identification par faisceau d’indices reste possible malgré les pseudonymes, et il n’en faut pas beaucoup : une fonction rare, une petite commune, une date de procédure et un motif suffisent souvent.
- Il ne détecte que des identifiants. Un état de santé, une situation disciplinaire, une opinion ne sont pas des identifiants et ne sont pas détectés : ils partent en clair, rattachés à un pseudonyme. C’est visible dans l’exemple ci-dessus, et c’est structurel.
- Il ne remplace aucune obligation. Ni le délégué à la protection des données, ni l’analyse d’impact, ni le registre des traitements. C’est un moyen technique parmi d’autres, pas un solde de tout compte.
Où en est le projet
Version 0.1.0, publiée. Le sas fonctionne aujourd’hui en installation locale, sur un poste unique, sans authentification : il est conçu pour une démonstration, une formation ou un usage individuel encadré. Un déploiement partagé à l’échelle d’une collectivité demanderait une authentification, une supervision et une reprise de l’hébergement du coffre, qui ne sont pas dans cette version.
Nous le disons parce que l’inverse serait plus coûteux : découvrir cette limite après avoir promis un déploiement en interne abîme davantage qu’un logiciel qui annonce son périmètre. Dernière revue le 12 août 2026.
Deux façons de s’en servir
Installez-le vous-même. Le logiciel est publié sous licence EUPL-1.2, le dépôt est complet, et le tutoriel d’installation est écrit pour quelqu’un qui n’a jamais lancé ce genre d’outil. Vous ne nous devez rien, vous n’avez aucune clé à nous demander, et vous n’avez pas à nous prévenir.
Si vous préférez être accompagnés, c’est notre métier : cadrage avec le délégué à la protection des données et le responsable de la sécurité des systèmes d’information, déploiement, et formation des agents à ce que l’intelligence artificielle générative permet et ne permet pas.